J'avais entendu beaucoup de voyageurs et lu beaucoup d'articles sur Phnom Penh et la pauvreté. Donc , je m'étais préparée psychologiquement à affronter des situations assez terribles. A ma grande et heureuse surprise, à part quelques enfants qui vendaient des copies des guides Lonely Planet et des bouquins en vogue sur les atrocités des Kmers Rouges, je n'en ai pas vu beaucoup ... Bizarre, bizarre ... le niveau de vie des cambodgiens s'est-il augmenté en un rien de temps ?
En fouillant un peu et notamment en parlant avec plusieurs ONG, j'apprends que les anniversaires du roi et de la reine arrivent dans quelques jours. Et comme il y aura plusieurs cérémonies, il est hors de question que la pauvreté s'invite à la télé ! La police fait donc place nette (un peu comme à Saigon). Les familles démunies et les enfants des rues sont ramassés le soir tard et emmenés soit dans des centres (genre mini prison), soit déposés à des kilomètres de la ville. N 'ayant aucun moyen de locomotion et pas d'argent, il se fera un temps avant qu'ils ne réinvestissent les rues de Phnom Penh ! Les aider non, juste les déplacer pour ne plus voir le problème ... Ecoeurant non ?
Phnom Penh est la ville par excellence qui sait réveiller votre fibre humanitaire. Chaque jour, en déjeunant, en achetant des souvenirs ou en se baladant on peut (presque sans le savoir) aider l'une des 4000 ONG du pays ! Qu'elle s'occupe des femmes, des enfants des rues, des enfants sourds et muets, des enfants de la décharge, des personnes avec un handicap physique, des pauvres des campagnes ... Il y en a tellement que parfois c'est même difficile de les choisir ... En tout cas, il y a tellement d'occasion de consommer solidaire, que désormais vous pouvez même retrouver les meilleures adresses dans le Lonely Planet ! C'est principalement celles qui ont mené des programmes sérieux et qui ont eu d'excellents résultats ... Car le plus dur c'est bien ça, d'arriver à donner à celles qui ne sont pas fantômes et oeuvrent vraiment pour les populations.
Pour ma part, en plus des associations telles que Friends ou The Global Child qui tiennent des restaurants et des magasins de souvenirs au profit des enfants des rues, j'ai aussi eu la chance de rencontrer d'autres ONG avec de beaux projets ... Aide et Action, Krousar Thmey, Enfants du Mekong et Pour un Sourire d'Enfant ... De quoi avoir une vue plus juste sur la situation des populations au Cambodge ! (Je vous laisse les découvrir en détail des les pages Témoignages d'Humanitaires). |
Deux exemples d'enfants exploités ... la première vend des livres dans la rue. Elle joue sur son joli minois pour faire craquer les touristes. L'argent qu'elle ramasse, malheureusement elle n'en verra pas la couleur car les adultes pour le compte desquels elle travaille lui en predront la plus grande partie ... La seconde est une petite recycleuse. Chaque jour elle sillonne les rues de Phnom Penh à la recherche d'une petite bouteille d'eau vide, d'une canette de soda laissée dans le caniveau. Si elle croise une poubelle, elle doit y plonger ses petites menottes et essayer d'en retirer les quelques déchets qui lui vaudront quelques riels ...
Toutes les deux ne vont pas à l'école ... du moins pas encore car avec toutes les ONG que compte la ville de Phnom Penh, j'espère que l'une d'entre elle va finir par convaincre leurs parents qu'il faut se passer de leur maigre salaire car leur place est sur les bancs de l'école ...
Surtout ... ne pas donner de l'argent aux enfants ... une bouteille vide ça va ... un bon repas qu'ils dégusteront devant vous toujours mieux, mais pas toujours évident car les adultes guettent ! |