Même si on s'y sent bien au Ladakh, après un mois il est temps d'aller voir ce qu'il se passe dans le reste de l'Inde.
Ma prochaine destination, l'Himachal Pradesh ... ou plutôt juste la petite ville de Manali. Mais pour m'y rendre, je vais faire un détour par les grands lacs situés à plus ou moins 4000 mètres d'altitude ... Une bien agréable manière de couper le trajet de normalement 18h !!!
De notre petit groupe, il ne reste plus que l'Américain et moi. Mes amis allemands ont trouvé un avion de justesse pour rentrer en Allemagne pour une urgence familiale, la danoise est rentrée chez elle depuis longtemps et mon amie française est clouée dans son lit avec un méga virus ... Dire que moi je n'ai toujours pas été malade !
Mon nouveau périple : Leh – Tsomoriri – Tsokar – Manali trois jours plus tard.
C'est avec nostalgie que l'on retournera pour la dernière fois dans nos restaurants préférés de Leh, que nous dirons au revoir au Népalais, Tibétains et Ladakhis avec qui nous avions sympathisés ... Tous tristes on est !!!
En ce premier août, très étrangement il pleut des cordes dehors ... phénomène ultra rare normalement au Ladakh. Hier soir, le plafond de ma chambre avait des fuites, j'ai donc compté les gouttes d'eau toute la nuit. Ce soir, après le dîner nous sommes rentrés trempés de la tête au pied jusqu'à la guesthouse ...
Mercredi matin, 7h00 ... Il a plu toute la nuit !!! Qui a dit que le Ladakh ne recevait jamais de pluie ! Nous attendons sur le bord de la route que notre jeep pour Manali vienne nous chercher ...
7h45 ... quelque chose de bizarre ... Notre jeep est en retard ... Il règne ici une sorte d'excitation et d'inquiétude ... que se passe-t-il donc ?
Nous décidons d'aller à la rencontre de nos compagnons de voyage ... alors que nous descendons vers le centre de Leh, nous découvrons que la pluie a fait ici des ravages. Le pont a été endommagé et ne peut plus être emprunté par les véhicules ... Une grande partie de la route qui montait vers le haut de Leh a été emportée par les eaux ...
C'est plein de tristesse que je regarde cette eau marronnasse dévaler la pente à une vitesse folle ... Les pauvres gens, ces pauvres Ladakhis ...
Bien sûr, l'Inde a l'habitude de la mousson, des fortes pluies ... Chaque année, des milliers de villageois ont de l'eau jusqu'au coup (au sens propre comme au figuré) mais le Ladakh lui n'est vraiment pas habitué à cela ! Ici les arbres et la végétation sont rares, les montagnes sont faîtes de petites roches et de sable, les maisons ladakhies de briques de boue et de paille, les toits sont entièrement plats ... Bref tous les ingrédients pour un temps sec et chaud mais absolument pas pour absorber toute cette EAU !
Malgré ma terrible envie de rester et de les aider, ma jeep est sur le départ ... et malheureusement je ne peux pas reculer ! Mais alors que je monte dans la voiture ... j'ai le cœur serré ... serré de voir tous ces ladakhis se battre contre l'eau et la boue ! Je viens de passer un mois dans cette belle région, j'ai rencontré des ladakhis adorables et accueillants ... et juste quand ils auraient besoin de l'aide de tous ... je suis sur le départ ... Mauvais timing !!!
Par la fenêtre de la jeep, bien au sec, je regarde une dernière fois ces ladakhis s'acharner à maîtriser cette nature capricieuse ... Je vois dans les yeux de mon ami américain la même tristesse ... lui qui a été volontaire pendant deux mois à la Nouvelle Orléans après KATRINA ...
Mais il est temps de partir ... car même si nous sommes sur le départ, il n'est pas dit que notre virée soit de tout repos ! La pluie a probablement aussi endommagé la route déjà pas facile par temps sec ...
Au final le Ladakh a été bien touché par les pluies ... des ladakhis ont péri lorsque
leur toit s'est effondré sous le poids de l'eau ... des travailleurs népalais
et leurs enfants ont également été emportés par les eaux torrentielles ... et plus matériellement, le petit pont de Leh a fini par céder ...
Le réchauffement climatique fait des victimes jusqu'au fin fond du Ladakh ... et pour faire face à ce changement c'est toute une culture et un mode de vie qu'il va falloir réinventer ... car les maisons de boue ne vont pas tenir le coup très longtemps ... |