Après la plage, la montagne ...
J'ai quitté Gili Trawagan et les trois petits frenchys humanitaires. On s'est souhaité bonne chance, bonne route et peut-être à bientôt ! Maintenant je pars en bus vers l'aéroport de Mataram pour rejoindre l'île de Java. Assis à côté de moi, je rencontre Mats, un suédois qui a déjà pas mal voyagé (un tour du monde de 2 ans, et de nombreux voyages d'un ou deux mois
être son propre patron ça aide !). Moi je vais à Java pour faire deux treks, un sur le mon Bromo et l'autre sur le mont Kawah Ijen. Intéressé, il change ses plans et décide de me suivre deux ou trois jours.
Au fil des conversations, je découvre que Mats a ses propres théories sur la vie, la religion, les voyages
que je ne partage pas forcément. Mais bon on discute, on discute pour arriver à Surabaya, notre point de chute avant les montagnes. En fait, il est assez sympa mais un peu lourd quand même et surtout il a la fâcheuse manie de vouloir décider à ma place ! Mon p'tit gars, ce voyage c'est moi qui le fais, si tu veux suivre pas de souci, mais je décide pour moi ! Je sens déjà qu'on ne voyagera pas longtemps ensemble
Pour aller à Bromo, il faut prendre les transports en commun
là cela commence à devenir sérieux. A Surabaya on prend un bus plutôt pas mal avec air conditionné et TV (en Indonésien bien sûr). Deux heures de bus à folle allure pour rejoindre Probolingo, une petite ville de transit avant Bromo. Là normalement le chauffeur aurait dû nous laisser au terminal des bus pour que nous puissions attraper une autre navette pour Bromo. Mais cela aurait été trop simple. En fait, il nous demande de descendre avant tout le monde et nous débarque devant une petite agence de voyage. Intriguée, je dis à Mats qu'avant de prendre un billet, nous devrions marcher un peu pour voir les alentours, car je suis persuadée que nous ne sommes pas au bon endroit pour prendre la navette publique. Il ne m'écoute pas et prend deux billets avec un pseudo bus plus direct et plus confortable
Au final, on a payé trois fois plus cher que prévu, on s'est fait entubé comme des bleus ! Et on a récupéré un petit bus tout naze qui nous a réservé bien des surprises
alors que le terminal était à 300 mètres !
Imaginez un minibus, de taille plus ou moins équivalente à un Renault Espace qui peut normalement transporter en toute sécurité environ 7 personnes avec bagages
D'abord, ici le mot d'ordre c'est rentabilité ! Conduire à moitié vide cela n'a aucun intérêt ! Donc pas d'horaires fixes, on part quand le bus est plein ! Mais plein c'est un mot qui a un sens tout à fait différent de chez nous
Donc ok, on attend que le bus se remplisse. Chacun à sa petite place et je m'attends à ce que le bus démarre
j'essaie de demander aux passagers ce que nous attendons pour partir mais aucun d'eux ne parlent anglais et mon indonésien est très rudimentaire
alors on attend
Une heure plus tard, trois personnes montent dans le bus
là faut qu'on se squeeze alors ? L'opération sardine en boîte commence
et puis là cela ne s'arrête plus, notre petit bus se remplit, se remplit
à chaque fois que je crois que c'est fini et qu'on ne peut plus faire entrer personne, le chauffeur trouve toujours de la place ! En fin de compte nous n'avons pas fait le trajet à 7 comme on aurait pu l'imaginer mais à 34 ! Sans rire, j'ai compté ! Et en plus on m'a dit que j'avais eu de la chance, car il n'est pas rare d'avoir aussi des poulets, des chiens
ce sera certainement pour une prochaine fois. Et le minibus, chargé comme une mule, prend la route vers le mont Bromo. Une petite route de montagne naturellement ultra sinueuse et ultra pentue ! A chaque virage j'ai l'impression que le moteur va lâcher et que l'on va redescendre jusqu'en bas illico-presto !
Bon allez la frenchy, elle se déstresse, elle sert les fesses et elle regarde le paysage
Arrivée à Cemoro Lawang en vie et entière, ouf ! Je décide d'aller faire une petite marche vers le mont Bromo et je laisse Mats à ses réflexions
En chemin, je rencontre une famille musulmane qui est venue ici pour fêter la fin du Ramadan. D'abord assez timides, ils vont tous très vite être très à l'aise
Nous allons parler de tout et de rien pendant près de deux heures et en profiterons pour faire l'ascension de Bromo ensemble. Pour la plus jeune des fillettes, je suis vraiment un petit ovni
elle n'arrête pas de ricaner en me regardant. Le frère aîné et la sur ont déjà plus l'habitude des étrangers et ont de très bonnes notions d'anglais ce qui facilitent nos échanges ! Le père et la mère sont très gentils et très attentionnés. La mère est certainement la plus intimidée
pour elle je suis une énigme ! Je ne suis pas mariée, j'ai beaucoup étudié, je voyage seule et je suis partie de chez moi pour très longtemps
Quand je discute avec les enfants, je vois bien qu'elle me fixe longtemps, elle s'en excuse d'ailleurs, et après de longues hésitations me dit que je suis vraiment très courageuse
Ce qui pour moi semble assez naturel semble pour elle extraordinaire et parfois même impensable
Choc de deux cultures
Une fois arrivés en haut du volcan, je sens qu'ils veulent me dire quelque chose, mais qu'ils n'osent pas
Voilà ils se lancent
« Can I take a picture of you ? » alors c'était ça ! Bien sûr, bien sûr pas de souci
je joue le jeu à fond ! A deux, à trois, sur le côté
Sur leur petite pellicule photo je dois au moins apparaître sur 30 des 36 photos. Et je fais de même de mon côté, je les prends en photo
Echanges de bons procédés
chacun repart avec ces petits souvenirs et l'impression d'avoir eu un vrai échange avec un étranger
La photomania est contagieuse, bientôt les 3 ou 4 autres familles indonésiennes en haut du volcan veulent aussi être prises à mes côtés ! Alors c'est ça la célébrité ?
Nous terminerons cette journée ensemble autour d'une tasse de thé chaud. Eux rentreront sur Surabaya et moi je resterai dans les montagnes
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