La splendeur de Kawah Ijen ...

Ce qui devait arriver arriva ! A force de prendre les trous de la chaussée (extrêmement nombreux) à 100km /heure, l'un des pneus a lâché ! Rendu l'âme ! Kaput !

Arrêtées sur le bord de la route, nous regardons notre chauffeur et notre guide qui ont l'air de deux poules devant un couteau à beurre ! Ils veulent essayer d'enlever la roue sans soulever la voiture … ouaih ben là c'est pas gagner, alors nous on peut s'installer à l'ombre sur le bas côté …

4 petites européennes sur le bord de la route ça intrigue. En deux temps trois mouvements la moitié du village est venu nous retrouver. Certains aident au changement de la roue, les autres nous regardent intrigués … Ils ne doivent pas voir beaucoup de touristes par ici.

Les indonésiens sont connus pour leur hospitalité et cela n'a pas manqué. Sous le porche d'une petite maisonnette on nous installe un banc en bambou, on nous offre à boire et de quoi grignoter et on rameute toute la famille … Les grand-mères, les enfants, les cousins …vite venez voir les petites européennes… Beaucoup de sourires, beaucoup d'éclats de rire, quelques yeux d'enfants effrayés aussi … trois quart d'heure de bonheur quoi ! Finalement avoir une roue crevée ce n'est pas si mal … la galère ça rapproche …

La route a été longue, mais nous sommes finalement arrivées dans notre petit hôtel perdu dans les plantations de café du gouvernement. Demain matin, réveil à 4h30 pour aller enfin découvrir Kawah Ijen !

5h du matin, il est temps de partir si on ne veut pas faire l'ascension de Kawah Ijen sous une chaleur torride. Aussi appelé le cratère vert, il culmine à 2400 mètres et est le principal centre d'exploitation du souffre de toute l'Indonésie. Pour quelques milliers de roupies des hommes vont chercher le souffre sur le volcan et le redescendent jusqu'au village. Ils parcourent près de 20km avec 80kg à 100kg par jour sur le dos ! On est bien loin des 25 kg réglementaires de nos pays ! Munis d'une simple paire de bottes en plastique et d'un petit foulard autour de la bouche, il arrache le souffre de la montagne avec les mains. Tous les ans, deux ou trois porteurs de souffrent meurent prématurément. Les fumées du souffre attaquent leurs poumons et les conditions de travail plus que difficiles finissent par les achever ! Dire que dans les laboratoires industriels pour toucher 25g de ce produit, on met un masque, des gants et des blouses spéciales. Katreen, l'une des trois belges allemandes, nous le confirme puisqu'elle travaille dans un laboratoire pharmaceutique … Amnesty International es-tu là ???

Comme beaucoup de touristes français j'avais découvert Kawah Ijen grâce à l'émission spéciale réalisée par Nicolas Hulot et j'avais vraiment envie de le voir en vrai ! Et bien je n'ai pas été déçue. Malgré le côté tragique des conditions de travail des porteurs de souffre, le spectacle n'en reste pas moins magnifique : le lac et sa couleur verte, la roche jaune et fumante et les fumées émanant du souffre … Un lieu assez irréel à vrai dire. Tous mes efforts sont récompensés … A faire c'est sûr à 100% !

Les escapades en montagne s'arrêtent là. Il est temps de reprendre la route. Les 3 belges vont se prélasser sur les plages de Bali, moi je reprends le bus local pour Surabaya, histoire de dormir un peu de prendre le temps de remettre à jour le site Internet ! Quelques lessives aussi car après je pars pour Sulawesi … une île au nord de Bali où les cultures et les coutumes sont encore là très différentes …

A la découverte de l'Indonésie au mille facettes …

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